Soulager la douleur avec du froid ou du chaud

آخر تحديث : الأحد 9 سبتمبر 2018 - 10:32 مساءً

Grâce à son effet décontractant, la chaleur est très utile contre les contractures musculaires ou les crampes. Le froid est quant à lui bénéfique sur une entorse ou une foulure pour éviter le gonflement de l’articulation.

La thermothérapie, vous connaissez? C’est faire souffler le chaud et le froid pour le bien du malade. Loin du remède de grand-mère, leurs effets sur la douleur sont bien documentés. Leur efficacité, bien que modérée et transitoire, peut rendre bien des services.

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Premier allié antidouleur, le froid. Son action anti-inflammatoire soulage les douleurs aiguës en cas de traumatismes ou de poussées d’arthrose, par exemple. Des travaux scientifiques montrent, en effet, qu’il entraîne une baisse de la production par le corps de molécules inflammatoires de type cytokines ou prostaglandines. Il ralentit également la vitesse de conduction des fibres nerveuses, et a donc aussi une action anesthésiante. De fait, qui n’a pas appliqué des glaçons après un choc violent, une foulure, une entorse, une ecchymose? «C’est un geste réflexe, bien ancré, et depuis très longtemps, chez les Français. En cas de douleur aiguë, des packs laissés au congélateur ou des glaçons dans un chiffon soulagent. Même un sachet de petits pois congelés fait l’affaire!» explique le Pr Didier Bouhassira, du centre d’évaluation et de traitement de la douleur de l’hôpital Ambroise-Paré. Les médecins y ont également recours. Après une pose de prothèse du genou, ils recommandent, par exemple, d’appliquer du froid tous les jours. Chez les grands sportifs, le soigneur arrive avec sa bombe de froid en cas de blessure. Mais tout cela est très empirique, et le soulagement est souvent modeste et de courte durée. La promesse du froid extrême

C’est peut-être pourquoi certains misent sur le froid… extrême. Depuis environ une quinzaine d’années, des cabines de cryothérapie ont fait leur apparition en France. Elles consistent à se plonger, corps entier et pratiquement nu, dans un environnement à – 100, — 110 °C pendant deux à trois minutes. Le choc thermique aide, paraît-il, à la récupération physique, en particulier, chez les grands sportifs. Mais d’autres s’y essaient pour soulager des douleurs de type arthrose, polyarthrite rhumatoïde, douleurs lombaires ou encore fibromyalgie. «Là encore, c’est très empirique, reconnaît Didier Bouhassira. Le choc thermique ralentirait le système nerveux et la transmission de la douleur, mais le bénéfice n’est pas prouvé, et les centres qui proposent cette thérapie sont un peu ésotériques!».

Le chaud pour atténuer les tensions

À l’opposé du froid, la chaleur exerce un effet décontractant qui induit le relâchement des muscles et favorise l’élasticité des tissus. Cet effet est lié à la vasodilatation qui améliore la circulation sanguine. Le chaud, second allié antidouleur, est plutôt utilisé en cas de contractures et de tensions des tissus (torticolis, courbatures, douleurs menstruelles, etc.) sous forme de douche chaude, bouillotte ou encore compresse imprégnée d’eau chaude. Les kinésithérapeutes utilisent, eux, des lampes infrarouges qui permettent d’appliquer une source chaude et d’en régler l’intensité en fonction de la douleur.

«La thermothérapie peut permettre de réduire l’utilisation d’antalgiques et apporter un certain bénéfice. Mais elle n’est pas dénuée d’effets indésirables avec le risque de survenue de brûlures, soit par le chaud, soit par le froid. Ne jamais appliquer les glaçons à même la peau, et se montrer prudent en manipulant l’eau chaude», rappelle le Pr Serge Perrot, président de la Société française d’étude et de traitement de la douleur. L’application de chaleur est, en outre, déconseillée en cas d’insuffisance veineuse et d’affections cutanées.